Malheureusement, on perd bien trop souvent le plaisir en cours de route.
Tu dis aux gens de manger le plus régional possible, ils comprennent : ne plus jamais rien manger qui vienne de l'étranger. Et c'est comme ça avec tout. « Fais attention à ta consommation (excessive) de café » devient « edubily a dit que le café est mauvais, donc je n'en bois plus jamais ». Et ainsi de suite.
Pourtant, il s'agit rarement d'atteindre 100 % : une bonne astuce consiste à se contenter de 80 ou 90 %. La vie devient bien plus agréable, parce que le perfectionnisme excessif disparaît. Et ces 80 à 90 % suffisent pour être très proche de son bonheur de vie (dans de nombreux domaines), tout en laissant assez de marge pour garantir flexibilité, croissance et hormèse.
Le sujet du jour : l'avocatine B
Venons-en enfin au sujet du jour. Tu as déjà entendu parler de l'avocatine B ? Ça sonne chimique, mais on ne peut pas encore acheter cette substance miracle en pharmacie. On ne la trouve que dans un fruit qu'il faut faire venir d'Amérique centrale et du Sud. On parle bien sûr de l'avocat. Pas vraiment « régional et de saison », mais sain. Car il contient deux lipides (avocadène et avocadyne), regroupés sous le nom d'avocatine B, et ce mélange de substances est un véritable médicament.
Les lecteurs d'edubily savent désormais (on l'espère, sinon lis par exemple notre livre) qu'une oxydation trop importante des acides gras dans le muscle n'est pas une bonne chose. En effet, un muscle doit toujours bien capter le sucre du sang, pour que l'insuline reste basse. Mais si un muscle n'oxyde que des graisses, il ne consomme pas de glucides. Cette relation (réciproque) entre oxydation des graisses et des glucides a été nommée d'après son découvreur : le cycle de Randle.
Le surpoids, ou d'autres raisons expliquant une concentration élevée d'acides gras dans le sang, entraîne une pression constante et élevée d'acides gras au niveau cellulaire. De grandes quantités de ces acides gras doivent alors être brûlées en permanence. Cela finit par provoquer une résistance à l'insuline, puis un diabète. Il existe donc des substances qui freinent cette oxydation excessive des acides gras. [Source plus disponible], que la star du tennis Maria Sharapova a détournée comme produit dopant.
Et voilà que la nature arrive et dit : hé, j'ai déjà quelque chose pour toi. Un mélange de substances qui fait exactement cela. L'avocatine B freine en effet l'oxydation des acides gras. Important : on parle ici de biologie, où il n'y a jamais de « tout ou rien », donc l'oxydation des acides gras n'est logiquement freinée que légèrement. Mais cela suffit pour protéger des animaux dans des études contre la résistance à l'insuline et le diabète. N'est-ce pas génial ? La nature a toujours la « petite pilule » ou l'antidote adapté à nos maux.
Mais ce n'est pas tout. Une étude toute récente montre en effet que certaines tumeurs dépendent précisément d'une oxydation accrue des acides gras. Logique : les tumeurs ont besoin de beaucoup d'énergie. Certaines la puisent dans le sucre (glucose), d'autres plutôt dans les acides gras. Des scientifiques ont donc cherché une substance capable de la freiner :
Son équipe a examiné de nombreux composés nutraceutiques à la recherche d'une substance capable d'inhiber l'enzyme. « Et voilà : la meilleure substance provenait de l'avocat », explique Spagnuolo.
Amusant, non ? Cela ne veut pas dire que les avocats sont la nouvelle chimiothérapie, et on ne sait même pas si les quantités présentes dans les avocats ont un effet marqué dans le corps. Mais le fait est que c'est un bon exemple montrant qu'une alimentation saine nous apporte constamment ce genre de substances. Et rarement une telle substance agit seule : c'est le plus souvent le mélange de substances qui est responsable d'un effet synergique. Au bout du compte, un effet finit bien par se faire sentir.
Conclusion : le guacamole n'est certes pas régional, mais qui s'en soucie à ce stade ?