
Nutriments
La viande rend heureux
La carnitine de la viande joue un rôle important dans la dépression, avec moins d'effets secondaires que les antidépresseurs. Découvre pourquoi la viande peut te rendre plus heureux.

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La carnitine de la viande joue un rôle important dans la dépression, avec moins d'effets secondaires que les antidépresseurs. Découvre pourquoi la viande peut te rendre plus heureux.
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Il faut l'admettre, cette affirmation semble peut-être un peu exagérée au premier abord. Ce n'est d'ailleurs pas la viande en soi (même si le goût d'un bon steak peut aussi rendre très heureux ;-), mais une substance qui n'existe que dans la viande et les produits animaux.
Elle appartient donc à ce qu'on appelle les meat-based bioactive compounds, des nutriments (semi-)essentiels que l'on ne trouve que dans la viande, et certains la connaissent peut-être sous le nom de fatburner.
La carnitine, ou plus précisément l'acétyl-L-carnitine, la forme que le corps produit à partir de la carnitine, joue un rôle incroyablement important dans la dépression. Il y a déjà plus de 10 ans, des études sur l'animal montraient que l'administration d'acétyl-L-carnitine avait un « effet antidépresseur rapide, robuste et durable ».1
D'accord, des souris heureuses c'est bien beau, mais qu'en est-il chez l'être humain ?
L'acétyl-L-carnitine semble être impliquée d'une manière similaire chez l'humain. Plusieurs études ont montré que les personnes souffrant de dépression présentent des taux d'acétyl-L-carnitine significativement plus bas que des témoins en bonne santé. Une véritable sensation.
Et ce n'est pas tout : lorsqu'on traitait les patients avec des antidépresseurs, on constatait une augmentation des taux de carnitine chez ceux pour qui la thérapie fonctionnait. Chez ceux qui souffraient toujours autant de dépression malgré les médicaments, le taux de carnitine abaissé ne changeait pas.2,3
Ces résultats signifient que l'acétyl-L-carnitine pourrait être un excellent marqueur sanguin de la dépression. Ou peut-être même un traitement potentiel.
Une méta-analyse4 s'est penchée sur différentes études cliniques sur ce sujet et est arrivée aux constats suivants :
Même efficacité, moins d'effets secondaires. On adore.
Une revue toute récente de scientifiques allemands se penche sur les effets de l'acétyl-L-carnitine sur les symptômes neuropsychiatriques du Covid long.6
Parmi ceux-ci figurent notamment la fatigue, les troubles cognitifs comme les problèmes de concentration et de mémoire, ainsi que l'humeur dépressive. Des symptômes similaires se retrouvent aussi dans d'autres syndromes post-viraux comme le SFC/EM.
Chez les patients atteints de Covid long, on retrouve également des taux plasmatiques de carnitine abaissés. En raison du fort chevauchement des symptômes et de l'effet positif de la carnitine sur la dépression et le SFC/EM, les chercheurs en concluent que la carnitine pourrait également aider en cas de Covid long. Une piste prometteuse !
Mais revenons à la viande et à la question de savoir comment obtenir suffisamment de carnitine. Comme mentionné brièvement, les produits animaux, et surtout la viande, contiennent cette précieuse carnitine. Chez les personnes ayant une alimentation mixte, environ trois quarts des besoins sont couverts par l'alimentation, le reste étant assuré par la synthèse propre au corps.
… mais cela nécessite les acides aminés lysine et méthionine, ainsi que les cofacteurs vitamine C, vitamine B6 et fer.
On comprend maintenant pourquoi les végans et les végétariens présentent des taux de carnitine plus bas que les personnes ayant une alimentation mixte.5 En effet, la lysine comme la méthionine font partie des acides aminés limitants dans les protéines végétales. Et le fer biodisponible se trouve lui aussi principalement dans la viande.
De plus, la synthèse propre au corps est très limitée et se situe dans une fourchette basse à deux chiffres, en milligrammes. À titre de comparaison : 100 g de bœuf apportent déjà environ 100 mg de carnitine hautement biodisponible.
En bref : celui qui mise uniquement sur une alimentation végétale risque donc un apport sous-optimal en carnitine. Et joue, dans les cas extrêmes, avec sa santé mentale, preuves à l'appui.
Celui qui ne mange donc pas ou très peu de viande et de produits animaux peut, voire devrait, absolument sécuriser son apport en carnitine par une supplémentation.
C'est toujours étonnant de voir à quel point une petite molécule comme la carnitine peut avoir des effets aussi importants sur le corps, et dans ce cas sur le psychisme. Et à quel point il est simple, dans bien des cas, de contrebalancer cela grâce à une alimentation et une supplémentation adaptées !
Nasca, C. et al. L-acetylcarnitine causes rapid antidepressant effects through the epigenetic induction of mGlu2 receptors. Proc. Natl. Acad. Sci. U. S. A. 110, 4804–4809 (2013).
Nasca, C. et al. Acetyl-l-carnitine deficiency in patients with major depressive disorder. Proc. Natl. Acad. Sci. 115, 8627–8632 (2018).
Nie, L.-J. et al. L-Carnitine and Acetyl-L-Carnitine: Potential Novel Biomarkers for Major Depressive Disorder. Front. Psychiatry 12, (2021).
Veronese, N. et al. Acetyl-L-Carnitine Supplementation and the Treatment of Depressive Symptoms: A Systematic Review and Meta-Analysis. Psychosom. Med. 80, 154–159 (2018).
Krajcovicová-Kudlácková, M., Simoncic, R., Béderová, A., Babinská, K. & Béder, I. Correlation of carnitine levels to methionine and lysine intake. Physiol. Res. 49, 399–402 (2000).
Helbing, D. L. et al. Conceptual foundations of acetylcarnitine supplementation in neuropsychiatric long COVID syndrome: a narrative review. Eur. Arch. Psychiatry Clin. Neurosci. (2024) doi:10.1007/s00406-023-01734-3.