Récemment, le magazine scientifique Sciencedaily titrait,
« Un pesticide courant pourrait contribuer à la crise mondiale d'obésité ».
Aïe. Ça rappelle un peu un vieil article du SPIEGEL de 1994 qu'on aime citer régulièrement, Un océan d'hormones, qui écrivait :
« Panthères impuissantes, poissons transsexuels, alligators au pénis atrophié : la reproduction stagne dans le monde animal. Les coupables sont des substances hormonales devenues un nouveau fléau environnemental. Même l'Homo sapiens en ressent les effets : sa capacité de procréation décline. »
Ça nous rappelle aussi l'Université hébraïque de Jérusalem. L'« appel au réveil » d'un professeur, qui a publié une étude sur la fertilité et les toxiques environnementaux. « We need to change! », nous a-t-il lancé. Car : « Quelque chose dans notre environnement, dans notre mode de vie, nous rend malades. Il faut agir. »
D'où lui vient cette conviction ? C'est simple à comprendre : nous vivons à une époque où des animaux mâles se transforment en femelles. Où l'eau dans laquelle vivent poissons et grenouilles fait s'atrophier leurs organes génitaux et leurs gonades et réduit drastiquement leur nombre de spermatozoïdes, où les hommes présentent de plus en plus de malformations testiculaires et de cancers du testicule, et où les femmes n'arrivent de plus en plus souvent pas à avoir d'enfants.
Plus encore : le sperme de l'homme contiendrait aujourd'hui 60 % de spermatozoïdes en moins qu'il y a quarante ans. Et, il faut le souligner, ce n'est pas génétique. Ce sont des influences environnementales dont nous sommes nous-mêmes responsables. Notre appareil génétique ne semble pas y être adapté.
Et c'est précisément là le nœud du problème : étude après étude montre que les plus infimes expositions à ces toxiques environnementaux rendent malade. Des quantités infimes d'arsenic peuvent par exemple avoir de graves conséquences sur le développement des êtres vivants aquatiques : alors, comment cela agit-il sur un embryon humain ? En tout cas, ce qu'enseignait Paracelse, à savoir que « c'est la dose qui fait le poison », ne s'applique plutôt pas ici. C'est aussi la différence décisive avec les poisons « naturels » que la nature apporte d'elle-même.
Car la nature aussi regorge de poisons. L'humain mange certains poisons de certaines plantes depuis des millions d'années. Nous y sommes si bien adaptés, c'est-à-dire génétiquement habitués, que nous ne remarquons même pas qu'il s'agit de poisons. Au contraire : ces poisons ne rendent pas malade, ils rendent même en bonne santé.
Pour rappel : l'ancien toxicologue en chef des États-Unis et sans doute l'un des biochimistes les plus importants de notre époque, Bruce Ames (connu pour son test d'Ames), a un jour expliqué au monde, sans détour, qu'une tasse de café contient naturellement l'équivalent toxique d'une charge annuelle de pesticides (il y a plusieurs décennies déjà, notons-le). Et que 50 % des poisons que l'on trouve naturellement dans les plantes sont potentiellement cancérigènes.
Il faut absolument ajouter à cela ce que le célèbre chercheur sur le vieillissement Dr Sinclair (Harvard) a découvert, voire postulé : il a décrit le concept de « xénohormèse ». C'est exactement ici que joue l'« hormèse » de Paracelse : Sinclair décrit que les plantes forment pour elles-mêmes des substances de protection, souvent toxiques pour leurs prédateurs, mais qui, à faible dose, ont un effet tout aussi protecteur sur, par exemple, l'organisme des mammifères, lorsqu'elles sont consommées.
En bref : beaucoup de plantes, comme la salade, la pomme, le brocoli, sont bonnes pour la santé parce que les substances qu'elles contiennent, très toxiques à haute dose, provoquent en toi et en moi, à faible dose, des adaptations bénéfiques.
Faisons le lien avec le café, bon exemple. À faible dose, les 1000 substances actives du café font que nous nous sentons mieux. Nous nous sentons plus éveillés, nous traversons mieux la journée, et même au niveau cellulaire, le café rend le muscle, le foie, le cerveau plus performants et, selon des études, fait ainsi reculer la mortalité de manière non négligeable. Wow !
D'un autre côté, le café nous prive de vitamines importantes (comme la B1), il perturbe le métabolisme du fer de diverses manières, il inhibe un grand nombre d'enzymes dans le corps et, pour couronner le tout, il perturbe à la longue le métabolisme énergétique. Les conséquences sont alors, par exemple, la faim et un manque d'énergie. Les personnes qui arrêtent le café après un abus prolongé se sentent souvent bien mieux sans.
De tout cela, on peut tirer deux conclusions :
- Nous devrions éviter les toxiques environnementaux. Aucun corps ne profite des métaux lourds, dioxines, xéno-œstrogènes, PCB, etc. À l'inverse, nous devons nous en protéger, par exemple par une alimentation riche en sélénium et en cystéine. Ou en mangeant, par exemple, moins souvent des fruits de mer.
- Nous devrions manger suffisamment de plantes. Surtout des fruits et des légumes. C'est ce que l'humain fait depuis des millions d'années. Il ne faut toutefois pas exagérer, car même le jus de carotte, le thé vert ou le grain de café se défendent et peuvent, au sens propre, nous empoisonner.
Comment mettre cela en pratique concrètement, nous l'avons expliqué récemment dans un ebook (« Comprendre le métabolisme »). Voici, si tu ne les connais pas encore, les liens vers l'ebook (PDF), le fichier audio et la brochure. Les fichiers sont réservés aux abonnés de la newsletter, merci de ne pas les partager :
- [Source non disponible]
- [Source non disponible]
- [Source non disponible]
Ainsi, le corps devrait aussi refonctionner normalement. Et avec lui, les spermatozoïdes ;-)