Qu'est-ce qui est vraiment sain, au fond ?
La santé et l'alimentation saine restent pour beaucoup un mystère. La question revient sans cesse : « Alors, qu'est-ce qui est vraiment sain ? »
Pour comprendre pourquoi une telle confusion règne, on peut prendre l'exemple des déclarations du célèbre « médecin de la nutrition » Dr Matthias Riedl. Il apparaît en effet régulièrement dans les médias.
On l'y cite affirmant que les protéines végétales seraient plus saines que les protéines animales. Nous avions justement écrit une newsletter la semaine dernière qui montre l'inverse. Et tout récemment, on le retrouve dans une émission télévisée où il qualifie les substituts de viande végétaux (donc : les protéines végétales) de « tueurs » qui augmenteraient le risque de mortalité.
Qu'on se comprenne bien : sur le fond, ces affirmations ne sont pas fausses. Les protéines végétales, comme les lentilles par exemple, sont probablement meilleures pour la santé que la charcuterie la moins chère. Et bien sûr, une protéine de soja peu transformée vaut mieux qu'un substitut de viande végétal ultra-transformé.
Ah, mais voilà : il a oublié de nommer le principe central. Une alimentation peu transformée est saine ! Plus le degré de transformation est élevé, plus les aliments risquent de rendre malade. Une salade ne provoquera probablement pas de syndrome métabolique, des biscuits et des chips, peut-être bien davantage.
On parle donc trop peu de « principes de santé » simples, qui peuvent servir de repère à chacun. Nous les avions déjà décrits en détail [source non disponible].
Ils s'appuient sur le credo le plus important de la biologie, et donc des sciences de la nutrition : « Rien en biologie n'a de sens si ce n'est à la lumière de l'évolution » (Nothing in Biology Makes Sense Except in the Light of Evolution) : pour savoir ce qui est bon pour nous, il ne suffit pas de spéculer et de faire de la recherche, on peut aussi étudier des peuples indigènes qui vivent encore de façon plus originelle.
C'est ce qui a été fait, et abondamment. Bien sûr, ces populations ne connaissent pas nos maladies et problèmes modernes. Exemple des Tsimané en Bolivie : la plupart y sont infectés par des ténias et présentent des inflammations dans le corps.
Pourtant, selon des chercheurs américains, ils ont les vaisseaux sanguins les plus sains jamais observés dans une population : un homme de 80 ans y a les vaisseaux d'un Américain d'une cinquantaine d'années. Un constat similaire vaut pour la démence. Ces personnes sont de toute façon métaboliquement en bonne santé.
Un principe alimentaire tout simple, qu'on peut déduire de telles populations, est justement de manger le plus possible d'aliments peu transformés. Dans notre langage : ces populations feraient peut-être bien une galette de céréales complètes de temps en temps, mais ça ne sera jamais un aliment de base. Ce serait plutôt une bouillie d'avoine, une bouillie à base du grain entier, que personne chez nous ne mangerait toute la journée.
Nous, en revanche, nous nourrissons en général de produits à base de farines de céréales fortement transformées. C'est un aliment de base dans le monde occidental : pizza, pâtes, petits pains, pain, et j'en passe. Et en parallèle, la base de ces produits, généralement le blé, a été sélectionnée justement pour ça. C'est-à-dire que sa teneur en protéines est comparativement élevée, il faut bien que la pâte puisse se former.
De plus, les méthodes de transformation traditionnelles (la fermentation) sont de plus en plus abandonnées. Ces produits sont souvent enrichis en sucre et gorgés d'huiles végétales bon marché. Ça donne, par exemple, un beignet de Berlin.
Si nous respections donc ce « principe alimentaire simple » (manger le plus possible d'aliments peu transformés), cela entraînerait une réduction considérable de notre consommation de produits à base de pâte. Nous répondrions ainsi, en même temps, à plusieurs autres principes de santé importants :
- Nous comblerions automatiquement le vide avec plus de fruits et de légumes.
- Nous comblerions aussi ce vide avec plus de protéines, animales ou végétales peu importe.
- Nous réduirions considérablement la charge et la disponibilité en glucides, ce qui enlèverait de la « pression » sur le métabolisme énergétique, qui pourrait alors plus facilement brûler de la graisse corporelle.
- Nous aurions probablement, directement, une densité en micronutriments bien plus élevée dans l'alimentation (pratiquement tout est plus riche en nutriments que la farine blanche).
- Plus de fibres (la pâte n'en contient presque pas !).
- Nous absorberions un volume alimentaire nettement plus élevé, avec tous les effets connus sur la satiété, sur les bactéries intestinales, etc.
Ces problèmes, ni la majorité de nos ancêtres (l'agriculture n'existe que depuis 0,3 % de notre histoire évolutive) ni les peuples indigènes qui vivent encore aujourd'hui de façon relativement originelle ne les ont connus.
Nous nous serions en outre épargné d'autres problèmes associés à l'engraissement au blé tel qu'on le pratique chez nous, sur lesquels nous étions revenus [source non disponible]. En bref : il est prouvé que l'être humain n'est pas, ou très peu, adapté aux protéines du blé. Car aucun d'entre nous ne peut correctement les digérer.
Ce n'est en tout cas pas nous qui l'affirmons, mais le chercheur de référence mondiale dans ce domaine, le Dr Alessio Fasano (Harvard) ; le chercheur allemand Prof. Dr Dr Detlef Schuppan (Université de Mayence) le souligne également dans [source non disponible].
Retirer simplement le blé, ou du moins la pâte, du menu n'est ni nouveau, ni un concept révolutionnaire. C'est surtout au cours des deux dernières décennies que la recherche s'est penchée sur le sujet, sous le terme « low carb » ou réduction des glucides. Les données sont claires : un très grand nombre de personnes en tireraient un bénéfice sur le plan métabolique.
Dans notre approche ici, il ne s'agit toutefois pas de supprimer les glucides en tant que tels. Les tubercules, les fruits, etc. contiennent aussi des glucides, mais des glucides de valeur. Il s'agit de la pâte. Essayer aide souvent. À bien des égards !