Il y a peu encore, alors que les mesures anti-coronavirus étaient progressivement levées, autre chose s'est mis à flamber : les infections en tout genre.
Dans ce contexte, on a une fois de plus discuté intensément du rôle de notre propre système immunitaire, et de nombreux articles ont été publiés dont le ton général était que, de toute façon, on ne peut pas faire grand-chose de plus pour son système immunitaire.
Déjà les années précédentes, donc pendant la pandémie elle-même, de telles discussions étaient très animées.
Un système immunitaire normal comme idéal
De ces propos, on pourrait conclure :
- Celui qui a une composition corporelle idéale,
- celui qui ne fume ni ne boit,
- celui qui fait beaucoup, mais pas trop, de sport,
- celui qui est un peu, mais pas trop, stressé,
- celui qui s'alimente bien et de façon « équilibrée »,
- celui qui a un apport normal en nutriments,
- celui qui dort suffisamment longtemps et suffisamment profondément,
- et ainsi de suite…
… bref, celui qui vit la vie parfaite de notre imaginaire idéalisé a un système immunitaire normal. Les autres, malheureusement, non.
Dans les débats actuels, on suggère sans cesse que la plupart des gens correspondent à ce type idéal, alors que c'est l'inverse qui est vrai.
À l'inverse, on pourrait en conclure que des interventions simples sur le mode de vie peuvent apporter un gain net d'immunité.
Les lymphocytes T réagissent de façon sensible à l'alimentation
Pourtant, on pouvait lire encore et encore :
Des nutriments supplémentaires ne servent à rien.
Il n'y aurait un bénéfice qu'en cas de carence. Que la population soit largement sous-approvisionnée devrait bien sûr d'abord être prouvé. On ne pourrait pas non plus optimiser grand-chose via l'alimentation, encore moins la « booster ».
Un travail paru dans peut-être la meilleure revue scientifique du monde, Nature, attire actuellement notre attention et apporte ici davantage de clarté.
Des chercheurs y ont étudié des lymphocytes T particuliers, qui jouent notamment un rôle décisif dans la défense contre les virus et le cancer : les lymphocytes T mémoire.
L'auteur principal de l'étude résume ainsi son constat personnel : « Ce qui m'a le plus surpris, c'est à quel point ces cellules réagissent de façon sensible à l'alimentation. »
Les lymphocytes T rechargent leurs batteries avec le Q10
Les chercheurs ont découvert que les lymphocytes T mémoire qui s'accumulent dans les tissus, par exemple dans l'intestin, pour s'y établir durablement, augmentent leur production de cholestérol ainsi que leur synthèse de Q10 (issu de précurseurs du cholestérol).
Une mauvaise alimentation désactivait de plus en plus cette voie de signalisation, tout comme la prise de statines (hypocholestérolémiants), ce qui réduisait le nombre de ces lymphocytes T hautement fonctionnels dans les tissus.
À l'inverse, il s'est avéré qu'une régulation artificielle à la hausse de la synthèse de Q10 énergisait nettement ces cellules immunitaires et favorisait l'accumulation d'un plus grand nombre de lymphocytes T.
Les auteurs ont comparé cette disponibilité accrue en Q10 dans ces cellules à un rechargement de batteries qui, lorsqu'on les « recharge » à fond, « peuvent mieux combattre les tumeurs ».
Pour rappel : le Q10 est essentiel à la production d'énergie dans les mitochondries. Nous pouvons l'apporter par l'alimentation, voire le supplémenter. Avec l'âge, les taux de Q10 sont souvent divisés par deux.
Le mode de vie a une influence considérable
Un travail suggère donc à nouveau que notre immunité dépend de façon déterminante de notre alimentation, respectivement de notre mode de vie.
On voit ici une fois de plus qu'une mauvaise alimentation, ou la prise de statines*, peut freiner la fonction de lymphocytes T importants, tandis qu'une bonne alimentation, ou le cas échéant une complémentation alimentaire (en Q10), peut éventuellement la favoriser.
*Important : les auteurs soulignent à ce sujet que les statines restent néanmoins importantes pour de nombreuses personnes à profil de risque élevé, car elles protègent des infarctus et autres.
On voit également, une fois de plus, pourquoi des mitochondries en forme sont si déterminantes. Car les cellules immunitaires dépendent elles aussi d'un bon métabolisme énergétique, que le Q10 vient ici stimuler.
Tout cela est en grande partie entre nos mains. Il faut toujours garder cela à l'esprit.