Histamine : la lumière dans l'obscurité / Partie 2
Dans la partie précédente, tu as déjà eu un aperçu de la synthèse de l'histamine dans le corps. Tu as appris ce que déclenche un taux élevé d'histamine et comment elle est ensuite dégradée. N'hésite donc pas à y jeter un œil si tu n'as pas encore lu la première partie ou si tu veux te rafraîchir la mémoire.
Reconnaître l'intolérance à l'histamine
Une difficulté pour reconnaître une intolérance à l'histamine est la longue liste d'aliments riches en histamine qui peuvent être responsables d'une réaction.
Aliments particulièrement riches en histamine :
Poisson et fruits de mer : thon, maquereau, anchois, hareng, crustacés (crevettes, crabes)
Produits carnés : viande fumée, charcuterie (salami, jambon), viande séchée
Aliments fermentés : choucroute, kimchi, miso, tempeh
Fromage (affiné) : parmesan, gouda, emmental, camembert, roquefort
Boissons alcoolisées : vin rouge, bière (surtout la bière de blé), vin mousseux
Autres produits fermentés : sauce soja, sauce de poisson, vinaigre, balsamique
Légumes : tomates, aubergines, épinards, avocats
Fruits : bananes (trop mûres), fraises, kiwis, ananas
Fruits à coque : noix, noix de cajou, cacahuètes
Boissons : thé noir, thé vert, cacao
Ici aussi, on retrouve le même problème : chacun réagit de manière très individuelle, donc peut-être qu'une personne aura le nez qui coule après quelques fourchettes de choucroute, alors qu'une autre peut s'en enfiler une assiette entière sans problème.
Les aliments frais contiennent d'ailleurs en général moins d'histamine que les produits transformés ou stockés, car ce sont justement les processus bactériens de fermentation et de maturation qui produisent beaucoup d'histamine.
Et puis il y a malheureusement aussi le sujet des libérateurs d'histamine, qui complique encore toute l'affaire. Les libérateurs d'histamine sont des substances qui renforcent la libération d'histamine par les cellules productrices d'histamine, comme les mastocytes par exemple. Il peut s'agir aussi bien de substances présentes dans notre corps que de médicaments pris, d'alcool, de caféine et d'additifs alimentaires, de froid, de chaleur, de contact et de stress. Cette liste de facteurs qui influencent notre production d'histamine est malheureusement, elle aussi, longue et individuelle.
Dernier point à noter : certains médicaments peuvent également jouer un rôle, car ils peuvent aussi bien inhiber l'activité de la DAO que stimuler la libération d'histamine.
Mesurer l'intolérance à l'histamine
Si tu souhaites savoir si tu souffres d'une intolérance à l'histamine, ou si tes enzymes fonctionnent correctement, différentes valeurs peuvent être mesurées. Il est possible de déterminer l'activité de la DAO dans le sang ou de mesurer dans les urines le produit de dégradation de la HNMT, la N-méthylhistamine.
Il faut noter qu'un trouble touchant les deux enzymes à la fois est également possible.
La méthode probablement la plus simple et la plus fiable reste toutefois la tenue d'un journal des symptômes et de l'alimentation.
Origine de l'intolérance à l'histamine
Avant d'aborder le traitement de l'intolérance à l'histamine, encore quelques explications sur son origine.
Pour mieux comprendre l'origine de l'intolérance à l'histamine, il faut encore se pencher sur un organe important : l'intestin. Un déséquilibre des bactéries intestinales et une barrière intestinale défaillante semblent être liés à l'intolérance à l'histamine.
Les patients présentant des symptômes d'intolérance à l'histamine affichent plus souvent un déséquilibre du microbiote intestinal ainsi qu'une barrière intestinale perturbée. Ce déséquilibre peut contribuer à des inflammations de la muqueuse intestinale et favoriser à son tour le développement d'un intestin perméable ("Leaky Gut"), avec pour conséquence potentielle une réduction de l'activité enzymatique de la DAO ainsi qu'un passage facilité de l'histamine dans le sang.
À retenir : la DAO est produite dans les cellules de la muqueuse intestinale. Si celles-ci sont endommagées, il se peut que pas assez de DAO ne soit produite.
On suppose en outre qu'un déséquilibre des bactéries intestinales peut aussi signifier la présence accrue de bactéries productrices d'histamine, qui favorisent l'accumulation d'histamine dans l'intestin.
Que faire en cas d'intolérance à l'histamine ?
Que faire si tu soupçonnes une intolérance à l'histamine, voire si elle a été diagnostiquée ? La mesure la plus simple et la plus facile à mettre en œuvre est bien sûr de réduire, voire d'éviter complètement, les aliments riches en histamine. On peut d'abord essayer d'éviter les aliments très riches en histamine, et si aucune amélioration ne se manifeste, passer à une alimentation entièrement dépourvue d'histamine. Cela ne devrait toutefois servir qu'au diagnostic et à une réduction à court terme des symptômes, et ne représente pas une solution durable !
Les libérateurs d'histamine méritent également d'être pris en compte. Observe donc si tes symptômes surviennent par exemple toujours pendant des phases de stress.
Comme mentionné dans la première partie, les antihistaminiques atténuent en outre les symptômes, car ils occupent les récepteurs de l'histamine, ce qui réduit son effet. L'enzyme dégradant l'histamine, la DAO, peut elle aussi être prise comme moyen contre l'intolérance à l'histamine, car une quantité plus importante de DAO permet de dégrader davantage d'histamine libre. Là aussi, il ne faut cependant pas voir cela comme une solution durable, mais plutôt chercher à comprendre les causes de ton intolérance à l'histamine.
Pour soutenir de manière optimale l'activité enzymatique de la DAO, tu devrais en outre veiller à un apport suffisant en cuivre et en vitamine B6, car ce sont les cofacteurs de l'enzyme et donc essentiels à son bon fonctionnement.
Si la cause de l'intolérance se situe, comme décrit précédemment, dans l'intestin, il est bien sûr judicieux d'intégrer celui-ci au traitement. L'apport de prébiotiques et de probiotiques ainsi que de substances soutenant la barrière intestinale peut aider à rééquilibrer l'intestin. Mais des changements de mode de vie visant à réduire le stress quotidien sont également des facteurs importants pour notre santé intestinale.
Lors du choix d'un probiotique, il convient surtout de veiller à la présence des souches suivantes, connues pour réduire l'histamine : les bifidobactéries, en particulier Bifidobacterium infantis et Bifidobacterium longum, Lactobacillus gasseri, Lactobacillus rhamnosus, Lactobacillus salivarius.
Conclusion
En résumé, la sensibilité à l'histamine dépend donc de quatre grands facteurs :
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La capacité de dégradation de l'histamine dans le corps
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La composition du microbiome et la production d'histamine qui y est liée
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La quantité d'histamine apportée par l'alimentation
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L'intensité de la réaction aux libérateurs d'histamine