Si tu penses que les fibres alimentaires, c'est du réchauffé et que tout le monde sait déjà qu'elles sont bonnes pour la santé et aident un peu à maigrir... pas si vite ! On a du nouveau pour toi. Ce qu'on te partage aujourd'hui, ce sont des connaissances toutes fraîches, publiées cette année seulement dans la revue scientifique de haut niveau Nature Metabolism.1
Qu'est-ce que l'amidon résistant ?
Une fibre alimentaire devenue célèbre, présente dans les aliments mais aussi produite chimiquement, c'est l'amidon résistant. Il est constitué des mêmes unités que l'amidon normal (qu'on connaît sous le terme générique de « glucides »), mais il ne peut pas être décomposé par les enzymes digestives humaines dans l'intestin grêle.
Il arrive donc non digéré dans le gros intestin, où les bactéries qui y vivent se jettent dessus. Elles adorent ce genre de fibres.
Mais venons-en directement à leurs effets. Chez les rongeurs, on avait déjà observé que l'amidon résistant, contrairement à l'amidon digestible, entraîne une diminution de la masse grasse. Dans l'étude de référence citée plus haut, cela a désormais pu être démontré chez l'être humain.
Perte de poids et meilleure santé
Des participants en surpoids ont été répartis en deux groupes. L'un a reçu de l'amidon résistant (AR), issu du maïs, l'autre du simple amidon de maïs classique. Les calories étaient ajustées et les repas fournis quotidiennement aux deux groupes étaient identiques et isocaloriques.
Étonnant : le groupe AR a perdu en moyenne 2,8 kg en huit semaines. Et ce, sans restriction calorique. Il s'agissait principalement de masse grasse, tandis que le groupe témoin n'a montré aucun changement de poids corporel.
Mais la perte de poids n'était pas le seul élément impressionnant : l'AR a amélioré la capacité de nos cellules à absorber le sucre (tolérance au glucose), l'intégrité de la barrière intestinale (= moins de leaky gut) ainsi que les marqueurs d'inflammation sanguins.
Comment expliquer ces effets positifs ?
C'est le microbiote qui fait le travail
Plus précisément, c'est surtout une souche bactérienne appelée Bifidobacterium adolescentis. C'était l'une des trois souches qui, selon l'analyse du microbiote, se sont multipliées dans le gros intestin des participants après la prise d'amidon résistant. B. adolescentis présentait la corrélation la plus forte avec la réduction de l'IMC, du tour de hanches et de la masse grasse viscérale.
Pour vérifier si c'est bien la flore intestinale modifiée par l'AR qui est responsable des effets de perte de poids, les chercheurs ont réalisé une transplantation de microbiote. Concrètement : on a fait boire aux souris des selles humaines préparées. Ça a l'air peu ragoûtant, mais c'était efficace : ces souris aussi ont perdu de la masse grasse sans manger moins, tout en améliorant leurs marqueurs d'inflammation.
Que la souche B. adolescentis soit bien la principale responsable de la perte de graisse et de l'amélioration de la tolérance au glucose est devenu évident lorsque les chercheurs ont comparé des souris ayant reçu soit une solution saline, soit les bactéries vivantes à boire. Là encore, ces dernières étaient nettement plus saines sur le plan métabolique. Sensationnel !
Avaler une bactérie et devenir plus sain sur le plan métabolique... c'est plutôt cool, non ?
Ce qui l'est moins, en revanche, c'est que les effets positifs avaient à nouveau disparu quatre semaines après l'arrêt de l'AR. Les participants étaient, en termes de poids et de masse grasse, revenus presque à leur niveau de départ, celui d'avant l'étude.
Cela signifie : pour maintenir B. adolescentis en vie, il faut consommer régulièrement de l'amidon résistant.
Source
- Li, H. et al. Resistant starch intake facilitates weight loss in humans by reshaping the gut microbiota. Nat. Metab. 1–20 (2024) doi:10.1038/s42255-024-00988-y.