
Métabolisme
Surpoids et fringales
La leptine est l'hormone de satiété de ton corps : quand elle se dérègle, ça déclenche des fringales et une prise de poids. Comprends comment rééquilibrer ton système de leptine.

Métabolisme
La leptine est l'hormone de satiété de ton corps : quand elle se dérègle, ça déclenche des fringales et une prise de poids. Comprends comment rééquilibrer ton système de leptine.
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As-tu déjà fait un régime et, après un moment, ressenti d'horribles fringales ? Et alors que le poids baissait si bien au début, à un moment donné, c'est le même chiffre qui s'affichait chaque jour sur la balance ? Puis tu as fini par céder à ta faim, et depuis tu as même 2 à 3 kilos de plus sur les hanches. Alors que tu ne manges pourtant pas tant que ça ?!
En Suisse aussi, le surpoids est un phénomène répandu. Comment cela se produit-il et que peux-tu faire contre ça ? On t'explique tout de suite.
L'hormone maîtresse du métabolisme
La leptine est une hormone de satiété produite dans le tissu adipeux. Plus tu as de masse grasse, plus la production de leptine augmente. La leptine sert donc au cerveau de sorte de capteur de graisse corporelle.
À côté de cette « composante à long terme », il en existe une aiguë : une forte disponibilité énergétique et une action marquée de l'insuline stimulent elles aussi la production de leptine dans le tissu adipeux !
La leptine agit notamment en se liant à des récepteurs spécifiques de l'hypothalamus, le centre de commande suprême du cerveau. C'est là que sont régulées la dépense et la prise énergétiques.
Donc, si le corps dispose d'assez de graisse stockée, autrement dit si son statut énergétique est dans le vert, il produit beaucoup de leptine, ce qui permet à son tour d'éliminer l'énergie excédentaire par différents processus. En parallèle, la prise énergétique supplémentaire est freinée.
La leptine nous offre
Ça a l'air merveilleux, non ?
Où est le hic ? Regardons ce qui se passe quand le système de leptine dérape dans un sens ou dans l'autre.
Scénario 1 : la résistance à la leptine
Une personne en surpoids (= beaucoup de tissu adipeux) présente des taux de leptine élevés. En théorie, elle devrait donc bénéficier des effets de la leptine mentionnés plus haut, c'est-à-dire ne pas avoir faim et brûler son excédent d'énergie stockée.
Jusqu'à un certain point, c'est même vrai, c'est pourquoi le corps « se défend » contre une nouvelle prise de graisse lorsque la masse grasse augmente. Mais on peut aussi pousser l'arc trop loin…
C'est alors le contraire qui se produit : les personnes en surpoids souffrent de fortes fringales. Cela s'explique par ce qu'on appelle la résistance à la leptine.
Cela signifie : la leptine est certes élevée, mais elle n'agit plus. On connaît ça avec la résistance à l'insuline (insuline élevée, mais effet insuffisant).
Plusieurs causes sont discutées à ce sujet, comme par exemple un transport réduit de la leptine à travers la barrière hémato-encéphalique, causé par des taux de leptine élevés ou trop de triglycérides.
Mais l'inflammation de bas grade, c'est-à-dire des inflammations latentes, elles aussi déclenchées entre autres par le surpoids, peuvent réduire la sensibilité des récepteurs de la leptine et ainsi provoquer une résistance. Et : il existe des indices selon lesquels la gliadine, une protéine du blé, inhibe elle aussi la liaison de la leptine à son récepteur.
Il en résulte un cercle vicieux : la personne en surpoids n'a plus de sensation de satiété suffisante et a donc tendance à continuer de prendre du poids.
Scénario 2 : le manque de leptine
Ironiquement, un bodybuilder bien entraîné en phase de sèche, avec ses 5 % de masse grasse, peut souffrir exactement pour la même raison que le canapé-patate obèse : fringales, manque d'énergie et libido en berne.
Chez des personnes très sportives et minces aussi, il peut arriver que la leptine n'agisse pas, mais cette fois à cause d'un manque de leptine.
Le sport excessif et les régimes radicaux font chuter le taux de leptine, et ce plus vite qu'on ne perd de masse grasse. C'est probablement un mécanisme de protection du corps, destiné à préserver de précieuses réserves de graisse en cas de famine.
Donc, quiconque maintient un déficit calorique trop important, trop longtemps réduit son taux de leptine et donc aussi son métabolisme. Si l'on remonte ensuite l'apport calorique après le régime, le redouté effet yo-yo survient.
Le corps est alors toujours en « mode économie d'énergie » et stocke joyeusement toute la graisse qu'il peut récupérer. Il ne se rend en effet pas compte que tu n'es pas en pleine famine mortelle, mais que tu veux juste un beau ventre plat ;-)
D'ailleurs, le manque de sommeil a un effet similaire : une courte durée de sommeil est associée à une baisse de la leptine ainsi qu'à une hausse de la ghréline (hormone de la faim), et donc à un appétit accru. Les auteurs de l'étude à ce sujet arrivent à la conclusion suivante :
« Une durée de sommeil habituelle inférieure à 7,7 heures était associée à un IMC plus élevé. »
Laisse la leptine agir
En principe, on voit maintenant assez clairement ce qu'il faut faire pour bénéficier des effets de la leptine.
Un taux de masse grasse sain, ni trop élevé ni trop bas, est souhaitable. Ce n'est pas si simple en cas de surpoids, à cause du cercle vicieux de la résistance à la leptine évoqué plus haut.
Une première étape serait ici de passer à une alimentation non transformée et riche en protéines, ainsi que de réduire les inflammations, par exemple avec des acides gras oméga-3.
Ensuite, tu devrais choisir un déficit calorique modéré pendant tes régimes (300 à 500 kcal) et intégrer aussi des refeeds réguliers, c'est-à-dire des repas isolés ou des journées entières où tu manges à nouveau davantage, notamment plus de glucides.
Essaie de régler ton équilibre de leptine de façon à ne pas avoir besoin d'un boost de leptine chez McDonald's, mais à produire suffisamment de leptine, grâce à une disponibilité énergétique et glucidique adéquate, pour être bien rassasié.
Et enfin, dors suffisamment (au moins 7 heures) pour éviter une chute de la leptine.
Retenons ceci : travaille avec ta biologie, et pas contre elle. Il faut comprendre que notre corps ne cherche qu'à nous protéger avec ce type de mécanismes. Si tu lui donnes régulièrement le signal qu'il est en sécurité (assez de calories, assez de sommeil), la perte de graisse fonctionnera aussi.
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