Le poisson : un aliment précieux
Chez toi aussi, on mangeait du poisson le Vendredi saint ? On trouve que c'est une belle tradition.
Même si les chrétiens de l'époque n'avaient sûrement jamais entendu parler des acides gras oméga-3, ils ont, avec ce choix de poisson, fait instinctivement un bon choix.
Car le poisson a tellement d'avantages (et malheureusement aussi quelques inconvénients) que nous voulons te montrer dans cet article de blog. Prêt·e ? C'est parti !
Les oméga-3 vus autrement
Comme on vient de le mentionner, le poisson est surtout considéré comme très sain grâce à ses acides gras oméga-3 EPA et DHA.
Le sujet des oméga-3 a déjà été traité en long et en large dans notre dernière newsletter ainsi que dans d'innombrables publications Instagram et articles de blog. Mais ce qui est rarement mentionné dans ce contexte, ce sont les phospholipides, sous forme desquels l'EPA et le DHA se présentent notamment.
En effet, les acides gras oméga-3 ne se trouvent pas dans les poissons uniquement sous forme de triglycérides, mais aussi sous forme de phospholipides. Ce sont ces graisses qui forment la membrane cellulaire autour de chaque cellule.
Qu'est-ce qui rend cela particulier ? Certains indices suggèrent que les phospholipides transportent mieux les acides gras oméga-3 vers le cerveau que les triglycérides.¹
Les phospholipides d'origine marine ne nous apportent pas seulement des acides gras essentiels, mais aussi de la choline. Nous avons besoin de choline notamment pour une bonne fonction cérébrale et comme protection contre le foie gras.
Et n'oublions pas la teneur élevée en taurine, elle aussi importante pour la fonction cérébrale. Le poisson rend donc en quelque sorte intelligent ;-) Sans blague : la taurine, les oméga-3 et consorts sont aussi considérés dans les milieux spécialisés comme des brain-specific nutrients, c'est-à-dire des substances importantes pour la fonction cérébrale.
Pas seulement le cerveau qui aime le poisson
Le reste du corps peut lui aussi profiter du poisson : avec sa haute valeur biologique, les protéines de poisson constituent une source de protéines optimale. Sur le plan de l'histoire évolutive également, le poisson a toujours été un élément important, et certainement un facteur du développement de l'être humain, qui a toujours préféré vivre près des rivières, des lacs et des mers.
Une umbrella review, c'est-à-dire une synthèse de plusieurs revues, est même arrivée à cette conclusion :
**« Certaines données suggèrent qu'une consommation plus élevée de poisson peut réduire le risque de mortalité globale et cardiovasculaire, ainsi que le risque de maladie coronarienne, d'infarctus du myocarde, d'insuffisance cardiaque, d'AVC et de dépression. »**²
Ça, ça sonne plutôt bien !
Et pour la thyroïde aussi, le poisson a quelque chose à offrir : de l'iode et du sélénium. Ces deux substances sont indispensables à la formation des hormones thyroïdiennes. Le sélénium est notamment nécessaire pour lutter contre le stress oxydatif.
Il y a quelques années, une « substance miracle » contenant du sélénium, nommée sélénonéine, a été découverte dans le thon. Il s'agit non seulement d'un antioxydant très puissant, mais elle pourrait aussi aider à détoxifier le mercure, réduisant ainsi les effets nocifs du méthylmercure hautement toxique, dont malheureusement de nombreux poissons sont chargés.³
Mais peut-on encore manger du poisson ?
Et nous voilà arrivés au côté sombre de la consommation de poisson. Les gros poissons, situés assez haut dans la chaîne alimentaire, comme le thon, sont souvent fortement chargés en métaux lourds. Là, seule solution : renoncer à ces espèces de poissons.
On peut à la place se tourner vers des poissons plus petits, moins contaminés. Les poissons situés plus bas dans la chaîne alimentaire et ayant une espérance de vie plus courte accumulent moins de métaux lourds et d'autres toxines environnementales.
Pour les retenir facilement, il y a l'acronyme SMASH :
Sardines
Maquereau
Anchois
Saumon
Hareng
On trouve que c'est enfin une utilisation sensée du mot des jeunes de l'année 2022 ;)
Ces poissons (y compris la truite, mais le T n'entrait malheureusement pas dans l'acronyme) sont relativement peu préoccupants en matière de contamination aux métaux lourds.
La surpêche est un autre sujet problématique dans le contexte de la consommation de poisson. Ici, ce n'est pas seulement l'espèce qui compte, mais aussi la zone de pêche.
Par exemple, les stocks de hareng de la mer Baltique sont déjà surexploités, alors que la situation est stable en mer du Nord. Se renseigner à ce sujet avant le prochain achat ne peut pas faire de mal.
Le saumon d'élevage, d'ailleurs, s'il provient de fermes bio certifiées, est meilleur que sa réputation. Consommé occasionnellement, c'est une super source d'oméga-3 et d'astaxanthine, qui peut même être moins chargée en substances nocives que son cousin sauvage.⁴
Retenons pour finir : le poisson nous apporte de nombreux nutriments importants et peut donc être très bénéfique pour notre santé. En choisissant des espèces peu contaminées et non menacées par la surpêche, rien ne s'oppose à 1-2 repas de poisson par semaine.
Sur ce, régale-toi bien !
Sources
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Burri, L., Hoem, N., Banni, S. & Berge, K. Marine Omega-3 Phospholipids: Metabolism and Biological Activities. *Int. J. Mol. Sci. *13, 15401–15419 (2012).
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Jayedi, A. & Shab-Bidar, S. Fish Consumption and the Risk of Chronic Disease: An Umbrella Review of Meta-Analyses of Prospective Cohort Studies. *Adv. Nutr. *11, 1123–1133 (2020).
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Little, M. et al. Determinants of selenoneine concentration in red blood cells of Inuit from Nunavik (Northern Québec, Canada). *Environ. Int. *127, 243–252 (2019).
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Jensen, I.–J., Eilertsen, K.–E., Otnæs, C. H. A., Mæhre, H. K. & Elvevoll, E. O. An Update on the Content of Fatty Acids, Dioxins, PCBs and Heavy Metals in Farmed, Escaped and Wild Atlantic Salmon (Salmo salar L.) in Norway. *Foods *9, 1901 (2020).