Acides aminés & sentiment de bien-être
Quelle est la bonne forme d'alimentation ? Il existe désormais des formes d'alimentation en veux-tu en voilà. Le bon côté : tu peux te servir selon tes goûts. Tu peux en quelque sorte inventer n'importe quoi et ensuite choisir la forme d'alimentation qui correspond.
C'est la sympathique particularité des sciences de la nutrition (souvent plutôt : du folklore) : beaucoup de choses ne sont qu'un joli narratif. On ne regarde donc pas la biochimie de l'être humain en se demandant de quoi cet organisme a besoin, comment il fonctionne le mieux, comment l'optimiser. Non, en nutrition, on raconte toujours des histoires. Les uns racontent des histoires sur l'homme des cavernes, les autres sur le « régime méditerranéen », d'autres encore croient pouvoir manger comme une vache... ou comme un gorille. Bien sûr, les associations correspondantes résonnent aussi ici.
Ce que presque personne n'a en tête, c'est la simple mais incroyable importance des acides aminés dans le corps. Peut-être par ignorance. Peut-être aussi parce qu'on a cru au mythe selon lequel « les protéines nuisent » ou « la carence en acides aminés n'existe pas », ou autre chose du genre. Et c'est là que se rattache la vraie raison pour laquelle nous recommandons toujours un modèle paléo pour sa propre alimentation. Peu importe qu'on croie à l'homme des cavernes chasseur ou à qui que ce soit d'autre. Le fait est : pendant 99,5 % de notre temps d'évolution, nous avons plutôt mangé certaines choses et plutôt pas d'autres.
La sélection suivante d'acides aminés et de leurs dérivés montre d'une part l'incroyable importance de ces composés pour notre bien-être et notre sentiment de vivre, et d'autre part, elle indique indirectement quelle forme d'alimentation « crée » possiblement un sentiment de bien-être exceptionnel :
La cystéine est un acide aminé soufré. Ce qui rend cet acide aminé miracle particulier, c'est qu'il possède ce qu'on appelle un groupe thiol terminal. Ce groupe soufré y est libre et peut par exemple réagir avec d'autres groupes thiols (issus d'autres cystéines), ce qui crée des liaisons stables.
Dans le corps, de très nombreuses protéines utilisent ces liaisons cystéine-cystéine, par exemple pour créer de la stabilité. La cystéine se trouve entre autres en très grande quantité dans les kératines. Ce sont des protéines qui constituent l'essentiel de nos ongles. Les liaisons cystéine-cystéine rendent l'ongle dur à cet endroit. Nos cheveux aussi sont composés en grande partie de kératine, donc de cystéine !
Mais la cystéine joue aussi un rôle exceptionnel dans le système immunitaire. Grâce au groupe thiol réactif, des substances nocives peuvent être liées puis éliminées. C'est ainsi que fonctionne aussi le glutathion, bien connu de tous, peut-être l'antioxydant le plus important du corps. Il détoxifie... avec de la cystéine. Car le glutathion n'est aussi composé « que » de trois acides aminés, à savoir l'acide glutamique, la cystéine et la glycine, dont nous allons parler tout de suite.
⇨ Les protéines animales, mais surtout l'œuf et la protéine de lactosérum, sont très, très riches en cystéine.
Il y a quelques années, nous avons appelé la glycine [source plus disponible]. Déjà à l'époque, nous étions fans de l'effet de cet acide aminé et de la protéine dans laquelle il se trouve principalement et naturellement : le collagène. Notre collagène corporel aussi est très riche en glycine. En tant que plus petit de tous les acides aminés, elle assure la structure et l'enroulement particuliers des longues chaînes de collagène. On la retrouve à chaque troisième position. Le collagène est d'ailleurs la protéine la plus fréquente dans le corps, il lui confère résistance, structure et élasticité. Ligaments, tendons, cartilage, os, peau : tout cela est fait de collagène.
La glycine elle-même a des effets merveilleux dans le corps. Dans le cerveau, respectivement dans le système nerveux, la glycine agit par exemple comme un « calmant » naturel. Un taux élevé de glycine dans le corps installe le silencieux dans le cerveau. C'est un savoir essentiel. Et : un savoir tout aussi essentiel est que le collagène connaît un retour en force impressionnant. Autrefois décrié comme un déchet d'abattoir, on sait aujourd'hui : [source plus disponible]. À cela s'ajoute qu'il devient de plus en plus clair que les peptides de collagène apportés par l'alimentation construisent le collagène propre du corps.
⇨ La glycine se trouve en grandes quantités quasi exclusivement dans les protéines collagènes d'origine animale : l'hydrolysat de collagène ou le bouillon d'os contiennent en principe de grandes quantités de cet acide aminé.
Les acides aminés ont malheureusement à nouveau mauvaise réputation. Après que beaucoup d'efforts ont été faits dans les cercles de santé pour que les gens comprennent bien l'importance des acides aminés et en particulier des protéines, à savoir que les protéines ne nuisent pas aux reins et ainsi de suite, on lit à nouveau ces derniers temps de plus en plus de titres affirmant que les protéines en quantités plus élevées seraient « malsaines ».
Total non-sens, car : le corps peut traiter des quantités incroyables de protéines. Aucun de nous n'atteint cette limite naturelle. En revanche, le seuil de toxicité est bel et bien connu chez les peuples autochtones. De nombreuses cultures de chasseurs-cueilleurs vivent à certaines périodes de l'année quasi exclusivement de viande et de poisson. Ils savaient : on ne peut pas couvrir tout son besoin énergétique avec des protéines, sinon cela devient toxique. Chaque culture a son terme pour ça, chez les Inuits on parle de « faim du lapin » (angl. rabbit starvation).
Mais : plus de protéines dans l'alimentation vaut de l'or pour la plupart d'entre nous. Le système immunitaire est fait de protéines (anticorps), le muscle a besoin d'acides aminés, et même les enzymes et protéines qui font tourner la mécanique chimique humaine sont faites d'acides aminés. Mais le plus important, c'est que les neurotransmetteurs du cerveau sont fabriqués à partir d'acides aminés. Motivation, envie, humeur, énergie : tous ces ressentis sont fabriqués à partir d'acides aminés, et les chercheurs savent depuis des décennies (!) que la disponibilité en protéines dans le corps a une influence directe sur la formation de ces substances.
⇨ Les protéines de la meilleure qualité sont fournies par la viande, le poisson, les œufs, le lait. Ces sources de protéines présentent une digestibilité parfaite et la teneur la plus élevée en acides aminés essentiels.
La taurine se trouve principalement dans les fruits de mer. Ce n'est en réalité pas un véritable acide aminé, mais un acide aminosulfonique. La plupart d'entre nous connaissent la taurine grâce aux boissons énergisantes. On l'y ajoute parce qu'elle a un effet apaisant. Elle atténue ainsi l'effet excitant de la caféine. Et en effet : la taurine agit, comme la glycine, comme un frein dans le cerveau.
Dans [source plus disponible], on lit des choses incroyables sur la taurine : « La taurine traverse la barrière hémato-encéphalique et a été associée à une multitude de phénomènes physiologiques, notamment la neurotransmission inhibitrice, la potentialisation à long terme dans le striatum/hippocampe, la stabilisation membranaire, l'inhibition rétroactive de l'explosion neutrophile/macrophage, la régulation du tissu adipeux et une possible prévention de l'obésité, l'homéostasie calcique, la récupération après un choc osmotique, la protection contre l'excitotoxicité du glutamate et la prévention des crises épileptiques. »
Traduit, cela donne : la taurine protège. Elle agit comme antioxydant, a une influence positive sur le système immunitaire, sur le cerveau (apprentissage !), régule la masse grasse, protège les cellules (afflux de calcium ; osmorégulation), protège le cerveau (des effets du neurotransmetteur glutamate) et bien plus encore. Il a en outre été démontré que la taurine est essentielle au bon fonctionnement des centrales énergétiques de nos cellules, les mitochondries.
Chez l'être humain, les enzymes censées produire la taurine travaillent un peu lentement, c'est pourquoi nous avons besoin de taurine issue de l'alimentation pour maintenir des taux normaux. Chez les chats, la taurine est essentielle : ces pur carnivores (hypercarnivores) ne peuvent plus en produire. Une carence a par exemple pour conséquence, chez ces animaux, que le cœur tombe malade (le cœur est le muscle le plus important du corps...) et que survient la cécité.
⇨ La taurine. Seulement dans l'animal.
Elle est fabriquée dans le corps à partir de deux acides aminés. Pour cela, il faut les cofacteurs vitamine C, vitamine B6, niacine et fer (toussote, toussote). Un peu compliqué. Sont alors produits quelques milligrammes, environ 10 à 20 mg. Le corps doit s'en contenter. La vérité : [source plus disponible] (comme Chris), ce qui rend nécessaire l'apport de carnitine par l'alimentation. Or, 100 g de viande rouge contiennent souvent déjà 50 (porc), 100 (bœuf), voire même 400 mg (autruche) de carnitine. Une quantité incroyable !
La carnitine est connue comme « brûleur de graisse ». C'est bien sûr une exagération. Ce qui est juste : la carnitine est essentielle pour que les acides gras parviennent aux mitochondries, où ils sont brûlés. Cela ne nécessite pas de grandes quantités, mais il a déjà été démontré il y a 20 ans, avec des acides gras marqués, que la carnitine peut nettement augmenter la combustion des graisses (cf. [source plus disponible]).
Mais il ne s'agit pas vraiment de cela, car la carnitine est bien plus que ça. La carnitine a une influence immense sur la santé du corps. [source plus disponible], où il est question du vieillissement masculin, l'apport de carnitine agit sur « la dysfonction érectile, l'humeur dépressive et la fatigue liées au vieillissement masculin » aussi bien, voire mieux, qu'un apport de testostérone.
Ce n'est pas tout : la carnitine elle-même régule des gènes. [source plus disponible] dans le muscle, où la testostérone agit alors mieux. La carnitine agit sur le muscle comme un engrais, peut le rendre nettement plus anabolique en activant ce qu'on appelle la voie de signalisation anabolique (cf. [source plus disponible]). Et la carnitine n'est pas seulement un engrais pour le muscle, mais aussi pour le cerveau. Il a récemment été démontré [source plus disponible] que la carnitine agit sur l'humeur aussi bien qu'un antidépresseur.
⇨ La carnitine ne se trouve que dans la viande.
L'alimentation détermine à quel point on se sent bien. Et les acides aminés et leurs dérivés en sont responsables dans une large mesure. En fin de compte, il apparaît qu'une bonne partie de l'alimentation devrait, pour de bonnes raisons, être d'origine animale. Celui qui ne souhaite pas vivre ainsi doit accepter qu'il lui manque ces substances clés importantes : si possible, il devrait alors les compléter. La bonne nouvelle, c'est qu'on n'en a pas besoin en grandes quantités et que même de petites quantités de produits animaux peuvent faire une grande différence.
Donc :
Les acides aminés créent un sentiment de bien-être.