Les idéologies sont toujours entachées d'erreurs et fondamentalement fausses. Le végétalisme, malheureusement, en est une. Son caractère idéologique vient du fait que ses partisans le considèrent comme une sorte de «théorie du champ unifié du mode de vie» : elle nourrirait l'être humain de façon optimale sur le plan nutritionnel, le maintiendrait en bonne santé et constituerait, bien sûr, la règle éthique suprême. Difficile à tenir, car trop peu complexe.
Il n'en reste pas moins que l'alimentation végétale présente indéniablement des avantages. Les principes qui la sous-tendent (car il s'agit bien de principes) peuvent se résumer ainsi :
- Moins de fer biodisponible, avec tous les bénéfices pour la santé qui en découlent, d'une part à cause d'inhibiteurs présents dans les plantes, d'autre part parce que la disponibilité en elle-même n'est pas aussi bonne que celle de la viande (mot-clé : fer héminique, fer bivalent vs trivalent)
- Nettement plus de cuivre
- Plus de fibres (= le meilleur carburant pour le microbiote)
- Nettement moins de toxines environnementales : les toxines comme les métaux lourds sont bien plus biodisponibles dans les produits animaux. Et les substances dont l'être humain pollue son environnement (microplastiques, dioxines et autres) ne s'accumulent pas, ou beaucoup moins, dans les plantes.
- Plus d'acides gras oméga-3 végétaux (anti-inflammatoires)
- Moins de cholestérol (oxydé) : le cholestérol n'est pas malsain en soi, mais peut, dans certains contextes, favoriser l'apparition de maladies (explication détaillée ici)
Et ce qui, en réalité, fragilise le végétalisme, à savoir l'absence de taurine, de carnitine, de carnosine et de nombreux acides aminés essentiels, autrement dit tout ce qui rend une alimentation riche en viande précieuse sur le plan nutritionnel, constitue en même temps une grande force.
Le chercheur en longévité Valter Longo, connu pour son «régime de jeûne simulé», résume bien la chose : une alimentation pauvre en produits animaux imite le jeûne. Affirmation intéressante, n'est-ce pas ?
Car ce que beaucoup n'ont absolument pas à l'esprit : ce n'est pas seulement l'apport énergétique de la nourriture qui détermine quelles voies de signalisation s'activent dans nos cellules, mais aussi la nature même de cette nourriture. Il semble qu'une «alimentation animale riche» signale à l'organisme l'anabolisme, tandis qu'une alimentation pauvre en produits animaux indique au corps qu'il doit devenir catabolique, c'est-à-dire entrer en phase de dégradation.
Ça a du sens. Si nos ancêtres couraient après un cerf depuis trois jours sans succès, le corps devait probablement comprendre qu'il n'avait momentanément pas accès à des protéines et des nutriments de qualité. À l'inverse : si un clan venait d'abattre un mammouth, le corps devait vite comprendre que le moment était venu pour l'anabolisme et la construction.
Nous, humains modernes suivant une «alimentation occidentale», baignons, du point de vue des interrupteurs cellulaires activés, dans l'anabolisme. On appelle ça, en langage technique, la suractivation de mTOR. Conséquence : des maladies de civilisation comme le foie gras, l'infarctus, la résistance à l'insuline et autres. Il nous manque donc le contraire de l'anabolisme, à savoir le catabolisme.
À noter : l'«alimentation occidentale» englobe bien des choses, dont une alimentation riche en sucre et en graisses, très transformée, à forte densité énergétique, etc. La viande et les aliments d'origine animale ne sont pas la raison pour laquelle nous déraillons.
Ce qu'on peut en déduire semble clair : les phases riches en aliments d'origine animale devraient alterner avec des phases où l'on mange peut-être un peu moins. Autrement dit : tu n'as pas besoin de manger des produits animaux toute la journée, ni même des kilos de viande (rouge).
Le blog contient de nombreux articles sur ce sujet. À travers l'exemple d'une restriction en méthionine (la méthionine est un acide aminé particulièrement présent dans les produits animaux et sous-représenté dans les plantes) et son lien avec l'autophagie, on peut mieux suivre ce raisonnement dans le détail. En savoir plus ici.
La boucle se referme ainsi. Ce n'est pas «soit l'un, soit l'autre», mais «l'un et l'autre». C'est justement cette vision qui distingue une idéologie d'une approche réfléchie et nuancée. Bien sûr, des phases végétaliennes, qui agissent alors en toi comme une forme de jeûne, peuvent aussi te maintenir en bonne santé.
Mais un cycle n'est complet que si une phase de catabolisme (= moins d'aliments d'origine animale) est ensuite suivie d'une phase d'anabolisme (= plus d'aliments d'origine animale). Exactement comme Ori Hofmekler (Warrior Diet) l'expliquait déjà à l'époque, de façon très parlante, à travers l'exemple du «periodic undereating».
Laissons les autres se cogner la tête contre les murs. Nous, nous observons les principes qui fonctionnent et les intégrons dans notre vie.